Me voilà marchand sous la pluie qu'une douce onde brise le bruissement de l'eau sous l'appui sous lequel je m'assis.
- Dis-moi, dis-je à mon voisin. On va devoir supporter longtemps les souffles du moloch ? Je ne suis pas sûr de la vaillance de mes poumons, c'est plein de gaz cet animal.
- Ouais. Sinon on ne vendra rien et avec cette météo on ferait mieux de tout écouler vite. Les épices c'est pas bon sous la pluie.
- On pourrait se mettre plus loin.
- J'ai pas envie de bouger.
Quelques moments passent. Quelques clients aussi. On vendit. Toujours cette odeur.
- On se rapproche des premières fraîcheurs, dis-je encore.
Silence.
- Ouais…
Je tournai la tête vers lui.
- Il reste là ?
- Je crois que oui, c'est c'qu'on m'a dit...
Je me tournai vers l'autre.
- Qu'est ce qu'il est gros…
Lassé, mon compagnon respira lentement plusieurs fois.
- Je pense qu'ils le gardent en vie par curiosité, me dit-il. Je pense qu'ils ne savent pas quoi en faire.
- Par tous les temps ?
- Par tous les temps.
Ibsore Tomenné, en trois mots, nous regardait.